PHILOSOPHY


Technology in the landscape reveals humanity's interference with the natural world and signals the tension between beauty and decline.
(Le français suit.)


The unattractive and the undesirable, the awkward, the haphazard and the blemish are necessary to the appreciation of beauty. The Japanese notion of
wabi creates harmony through the juxtaposition of disparate or even opposing elements within the unity of the whole. The contrast of the perfect with the impoverished furthers the appreciation of each. This contemplation acknowledges a vital principle that animates life. It is a moment of calm, the inner peace of reflection and a fascination with natural and artificial forms.

In his classic book,
The Machine in the Garden: Technology and the Pastoral Ideal in America (1964), Leo Marx explored the domain between civilization and wilderness, between the artificial and the natural. Since its publication, other experts have continued to explore the "middle landscape," between industrial culture and natural growth. In particular, Ulrich Beck (Risk Society, Towards a New Modernity 1986 and What is Cosmopolitanism? 2006) explores the global anxiety towards this phenomenon. The recent book by Maude Barlow, Blue Future : Protecting Water for People and the Planet Forever, 2014, extends the discussion to include global reserves of potable water. Ideas from these texts provide a theoretical basis for my visual explorations.

The convergence of these ideas guides my visual research into the relationship between the artificial and the natural world. Human activity, both intentional and involuntary, transforms "nature" into a hybrid of the fabricated and the organic. Similarly, my mixed media drawings and low relief panels combine natural and synthetic materials.

Technology intrudes into rugged panoramas and disrupts common landscape stereotypes in my series Rencontre primordiale / Primordial Encounter (2016-17). The works suggest a possible dystopia, where mechanical installations stand as sentinels across vast landscapes. A fragile beauty infuses the solitude of these vistas and evokes an ephemeral world where parabolic antennae and electric towers inhabit remote surroundings. Greenhouses continue to heat and light vegetables, while a shipwreck disintegrates by the sea. A pipeline emits steam across a desolate expanse. Glacial melt exposes cinders and black lava formations, as the glacier’s pure water rushes to the ocean.

Dark Water, Dark Matter (2015), enters the microcosms of tidal waters, tiny worlds of foam, reflections and obscurity. Influenced by Japanese art, Safran de Niverville’s incised Plexiglass forms over painted, irregular wood panels continue to explore beauty and unease in this new series. Sinuous lines and lace-like patterns contrast with blue-black or green of the deep, in a visual cadence of water. Delicate seaweed and eroded rock formations inspire other works.

The
Bouquet (2013-14) of invasive plants takes root where humanity has disturbed the natural order of a habitat. It shows us the fatigue of an environment, its gradual disruption, and a growing imbalance. Skirmishes for dominance develop and unmask miniature ecosystems. Tiny flies create galls in thistle stems. Their larvae feed on thistle leaves and mature into the next generation. Jumping spiders spin minute webs to catch the baby flies. The noxious thistle self-propagates underground while time slowly desiccates its stems and its leaves.

Previously known as a landscape painter, Safran de Niverville now focuses on minute and monumental aspects of the natural world in her mixed media drawings, paintings and low relief panels. In 2014, she completed her Master of Fine Arts degree at the Lesley University College of Art and Design in Cambridge, MA.



PHILOSOPHIE

La technologie dans un paysage devient une métaphore pour notre intervention dans l’environnement naturel et signale la tension entre la beauté et le déclin.

Ma recherche visuelle examine le rapport entre l’artificiel et le monde naturel. L’activité humaine, intentionnelle ou involontaire, transforme le paysage, et la ‘nature’ devient un hybride du fabriqué et de l’organique. Mes dessins en média mixtes et mes panneaux en bas-relief combinent des matériaux naturels et synthétiques, et placent le spectateur en dialogue avec des soucis de l’environnement. Dans un contexte historique, mes projets font plusieurs allusions à l’art européen et à l’art asiatique.

Leo Marx a élucidé ce domaine dans son livre
La Machine dans le jardin: la technologie et l’idéal pastoral en Amérique (1964). Depuis sa publication, d’autres experts ont continué l’exploration du terrain intermédiaire, entre la culture technologique et la croissance de l’environnement naturel. En particulier, Ulrich Beck (La Société de risque : sur la voie d’une autre modernité 1986 et Qu'est-ce que le cosmopolitisme? 2006) explore l’anxiété globale envers ce phénomène. Le livre récent par Maude Barlow, Blue Future : Protecting Water for People and the Planet Forever, 2014, étend la discussion à inclure les réserves d’eau potable. Les idées de Marx, Beck et Barlowe fournissent une base théorique à mes explorations visuelles.

Ma série récente de panneaux, Rencontre primordiale, examine les structures technologiques et leurs effets sur des terrains désolés. Cette exploration propose une métaphore pour l’influence humaine sur le monde naturel. Ma résidence à Reykjavik, Islande en 2015 inspirait cette série de paysages vastes et déserts. La peinture acrylique transparente, le plexiglas texturé, le Duralar et le grain du bois Meranti en panneaux à grand format se combinent, le naturel et l’industriel.


Rencontre primordiale (2016-17) évoque un monde éphémère où les antennes paraboliques et les tours électriques indiquent une présence humaine antérieure. Les serres continuent de chauffer et d’éclairer les légumes lorsque le débris d’un naufrage se désintègre par la mer. Un pipeline émet de la vapeur à travers les champs abandonnés. La fonte glaciaire expose des collines de cendres et des rochers noirs de lave. Quand même, il existe une beauté fragile, une solitude paisible, qui mène à la réflexion.

D'autres explorations mettent l’emphase sur les microcosmes naturels qui révèlent l’intervention subtile de l’humanité et révèlent la tension entre la beauté et le déclin de l’environnement. Ces projets incluent les séries récentes
Bouquet (2013-14) et Eau sombre, matière sombre (2015). Les lignes arabesques, les détails complexes et les compositions serpentines lient ces suites dans une approche stylistique ‘baroque.’

La beauté se combine avec une inquiétude élémentaire dans le projet
Eau sombre, matière sombre, une exploration de l’attraction à l’eau noire et à l’obscurité. Cette eau foncée nous attire et nous séduit d’une façon craintive. On serait possiblement absorbé et noyé par ses profondeurs. Le besoin de l’eau est primordial, mais est-ce cette eau reste propre et fraîche? La planète dite bleue commence à tourner des couleurs ombrées. Pourquoi est-elle noir bleuâtre ou verdâtre? Quand même, ses petites ondulations nous fascinent. Ses bulles et ses mousses délicates tracent des graphiques en mouvement, des dessins éphémères qui restent avec nous. Les images linéaires, incisées dans le plexiglas, captent l’impression de cette sinuosité et rappellent certaines gravures sur bois japonaises.

Bouquet explore le chardon sauvage, appelé le Cirse des champs (Cirsium arvense), de façon métaphorique. Une image de la dégradation de l’environnement, cette étude du Cirse des champs questionne notre paradigme du jardin et révèle l’anxiété répandue des discours écologiques. Ce type de chardon croît en sol pollué, au bord d’une autoroute ou dans un terrain abandonné et modifié. Cette série référence les peintures de bouquets de fleurs et de natures mortes hollandaises et flamandes du dix-septième siècle, qui présentent la temporalité du monde naturel, un genre de Vanitas. La pellicule plastique évoque les étoffes classiques des tableaux Renaissance.

Ce qui est désagréable peut ajouter à l’appréciation de la beauté et encourager une réflexion intérieure. Cette idée ressemble à la notion japonaise de
wabi, où les éléments opposés contribuent à une unité globale et satisfaisante.

Les herbes invasives prennent leur place dans ce domaine de terre modifiée et polluée. Au lieu de parterres ordonnés, la végétation chaotique se propage et s’entrelace. Les hybrides autonomes se développent et diminuent les populations de plantes originaires. L’influence asiatique se montre dans ces toiles floues, qui suggèrent aussi la tendance humaine à ignorer les terrains négligés.

Connue auparavant comme paysagiste, Barbara Safran de Niverville se concerne maintenant des microcosmes et des panoramas du monde naturel. Elle a reçu sa maîtrise en arts visuels en 2014 du Lesley University College of Art & Design, Cambridge, MA (autrefois l’Art Institute of Boston).

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